Mis à jour le 18 septembre 2026
La réponse courte : pour votre propre compte personnel, acheter des likes ou des abonnés n’est pas interdit. Si vous les utilisez pour promouvoir des produits ou des services, en tant qu’entreprise ou influenceur, c’est interdit dans l’UE. De plus, toutes les grandes plateformes l’interdisent dans leurs conditions d’utilisation. Nous vous expliquons ci-dessous ce qu’il en est, sources à l’appui.
Usage personnel : pas interdit, mais contraire aux règles des plateformes
L’autorité néerlandaise des consommateurs (ACM) est claire : les faux likes ou faux abonnés à usage personnel, sans but commercial, ne constituent pas une tromperie des consommateurs. Dans la même publication, l’ACM précise toutefois que l’on enfreint dans la plupart des cas les règles de la plateforme, et elle le déconseille (ACM, 11 mars 2022, en néerlandais).
Si vous achetez des likes ou des abonnés pour votre propre compte, par exemple pour donner un coup de pouce à votre profil de loisirs ou à votre musique, vous n’enfreignez donc aucune loi. Vous risquez en revanche que la plateforme supprime les chiffres achetés.
Entreprises et influenceurs : interdit depuis le 28 mai 2022
Depuis le 28 mai 2022, cette pratique figure sur la « liste noire » européenne des pratiques commerciales déloyales (point 23 quater de l’annexe I de la directive sur les pratiques commerciales déloyales) : soumettre ou faire soumettre de faux avis ou de fausses recommandations de consommateurs, ou déformer des avis ou des « recommandations sur les réseaux sociaux », afin de promouvoir des produits, est toujours interdit (Directive (UE) 2019/2161). Tous les pays de l’UE l’ont transposé dans leur droit national, y compris la France et la Belgique.
Que les likes et les abonnés soient concernés est écrit noir sur blanc. La directive cite les « likes » sur les réseaux sociaux comme exemple (considérant 49), et les orientations de la Commission européenne visent aussi les « fake followers, reactions and views » (Orientations 2021/C 526/01, point 4.2.4).
Qu’a fait l’autorité néerlandaise jusqu’à présent ?
- 2020–2021 : l’ACM a imposé une injonction sous astreinte pouvant atteindre 100 000 € à la société de l’influenceur Mo Bicep, qui avait acheté des dizaines de milliers d’abonnés et de likes et a dû tous les supprimer (ACM, en néerlandais).
- Fin 2021 et début 2022 : l’ACM a interpellé six influenceurs qui achetaient des likes à grande échelle et a averti des dizaines de milliers d’acheteurs de faux likes et abonnés qu’ils trompaient les consommateurs. Des vendeurs de faux likes se sont engagés à ne plus vendre aux entreprises et aux influenceurs. Les entreprises ou influenceurs qui continuent à les utiliser risquent une amende (ACM, 11 mars 2022).
Dans notre ancien article de 2022, nous écrivions que l’ACM avait « peu d’influence » et qu’il n’y avait pas de quoi s’inquiéter. C’était faux, c’est pourquoi nous l’avons remplacé par cet article.
Que disent Instagram, TikTok et YouTube ?
- Instagram a annoncé en 2018 qu’il supprime les likes, abonnements et commentaires générés par des services tiers, car ils enfreignent ses règles de communauté et ses conditions d’utilisation (Instagram).
- TikTok considère l’achat ou la vente d’abonnés ou d’interactions comme du spam, supprime les faux chiffres détectés et peut restreindre des comptes (TikTok Community Guidelines).
- YouTube interdit l’augmentation artificielle des vues, likes et commentaires et ne compte pas les abonnés de spam. Des infractions répétées peuvent entraîner des avertissements (YouTube).
Le risque le plus fréquent est donc qu’une partie des chiffres achetés disparaisse. C’est pourquoi nous offrons une garantie : si le nombre baisse dans les 90 jours, nous le complétons (sauf pour les auditeurs mensuels Spotify).
Qu’est-ce que cela signifie pour vous ?
- Compte personnel sans but commercial : pas interdit, mais contraire aux règles des plateformes. C’est à vous de décider si vous acceptez ce risque.
- Entreprise, boutique en ligne ou influenceur qui fait la promotion de produits ou de services : n’utilisez pas de likes, d’abonnés ou de vues achetés pour promouvoir ces produits ou services. C’est interdit et les autorités peuvent infliger des amendes.
Vous ne savez pas si les règles s’appliquent à votre situation ? Demandez conseil à un juriste. Cet article est une information générale et ne constitue pas un avis juridique.
Sources
- ACM : des influenceurs arrêtent les faux likes et faux abonnés après un avertissement (11-03-2022, en néerlandais)
- ACM : injonction sous astreinte à Bicep Papa (en néerlandais)
- Directive (UE) 2019/2161 (directive Omnibus)
- Commission européenne, orientations sur la directive relative aux pratiques commerciales déloyales (2021/C 526/01)




